L’essentiel. Contre le lissage des grands studios, un courant utilise la 3D pour dévoiler les conventions au lieu de les masquer, et retrouve ainsi une matérialité.
- David OReilly, « RGB XYZ » : le titre, ce sont les canaux de couleur et les axes du repère 3D, et le film est improvisé à partir de ça. Il fait délibérément tout ce qu’on apprend à ne pas faire : hors-cadre visible, éléments neutres, rigs apparents, univers qui se déconstruit au lieu de se construire. Récit balzacien qui bascule en science-fiction. Il a aussi cassé l’univers d’Adventure Time dans un épisode, signé « The External World », puis quitté le film pour le jeu vidéo indépendant.
- Nikita Diakur, entre 3D et intelligence artificielle. « Ugly » : un chat généré, une ville en démolition, tout est polygonal jusqu’aux gouttes d’eau. « Backflip » : il voulait faire un salto arrière mais craignait de se casser le cou, alors il construit un avatar et lui apprend à le faire ; le film entier est ce salto.
- La thèse : là où Pixar, Disney et DreamWorks lissent tout et cachent la fabrication, ces films montrent la caméra virtuelle, les polygones, le rig. Ils retrouvent une matière dans un médium réputé sans matière.